Peur d'être vu : un script EFT pour apaiser le regard des autres
Parler en public, montrer son travail ou simplement sentir les regards se tourner vers soi peut déclencher une tension. Ce script EFT aide à travailler cette peur d’être vu, sans chercher à la nier ni à forcer une confiance artificielle.
La peur du regard des autres ne se résume pas à la peur du jugement. Il y a aussi quelque chose de plus immédiat dans le fait d’être vu : parler en public, montrer son travail, prendre sa place, sentir soudain que l’attention se porte sur soi. C’est cette sensation d’exposition que cette séance d’EFT propose de travailler.
Elle peut apparaître bien avant la situation elle-même. La gorge se serre à l’idée d’une prise de parole. Le visage chauffe avant de publier quelque chose. Le ventre se noue avant d’entrer dans une pièce où l’on sait qu’on va être remarqué.
Peur d’être vu et peur du jugement
On imagine que les autres vont remarquer : une maladresse, une hésitation, quelque chose qu’on juge insuffisant, imparfait chez soi.
La réaction peut aussi sembler beaucoup trop forte par rapport à la réalité de la situation. Être observé peut réveiller d’autres expériences : avoir été moqué dans l'enfance, repris devant tout le monde au travail, comparé aux autres dans un groupe, ou avoir simplement pris l’habitude de ne pas trop attirer l’attention.
Cette peur se manifeste souvent très concrètement : gorge serrée, chaleur au visage, ventre noué, envie de reculer ou de se faire discret. Même si on sait consciemment que la situation n’est pas dangereuse, le corps peut malgré tout réagir.
C’est là que le tapping peut être intéressant. Plutôt que d’essayer uniquement de se convaincre que « tout va bien », on part de la réaction corporelle telle qu’elle est.
Ce n’est pas forcément un manque de confiance
On peut savoir ce qu’on fait, maîtriser son sujet et redouter malgré tout le moment où les regards vont se tourner vers soi.
Le problème n’est donc pas toujours : « Est-ce que je suis capable ? » Mais plutôt : « Est-ce que je supporte d’être vu pendant que je le fais ? »
Dans ce type de problématiques, les affirmations positives ne sont pas toujours les plus utiles. Si l’on se répète « je suis parfaitement à l’aise sous le regard des autres » alors qu’on sent déjà son ventre se contracter, la phrase risque surtout de sonner faux.
Mieux vaut partir de ce qui est réellement là.
Script EFT : peur d’être vu
Phrase de préparation
Point karaté, à répéter trois fois.
Même si je sens cette tension monter rien qu’à l’idée d’être vu, j’accueille ce que je ressens maintenant.
Même si j’ai envie de disparaître plutôt que d’être remarqué, je reste quelques instants avec cette sensation.
Même si je redoute ce que les autres pourraient voir ou penser de moi, je peux reconnaître cette peur telle qu’elle est.
Cycle 1 : la sensation d’être exposé
Sourcil : cette tension qui monte à l’idée d’être vu.
Coin de l’œil : mon corps se prépare déjà.
Sous l’œil : cette gorge qui se serre.
Sous le nez : cette chaleur qui monte au visage.
Sous la bouche : cette envie de me faire petit.
Clavicule : et pourtant, rien ne s’est encore passé.
Sous le bras : toute cette alerte à l’intérieur de moi.
Sommet de la tête : je prends simplement le temps de la sentir.
Cycle 2 : ce que je redoute dans le regard des autres
Sourcil : cette peur de ce qu’on pourrait penser de moi.
Coin de l’œil : cette peur d’être mal vu.
Sous l’œil : qu’on remarque quelque chose que j’aurais préféré cacher.
Sous le nez : peut-être la peur de ne pas être à la hauteur.
Sous la bouche : ou autre chose que je n’arrive pas encore à nommer.
Clavicule : je peux laisser cette peur être précise ou confuse.
Sous le bras : je n’ai pas besoin de tout comprendre maintenant.
Sommet de la tête : je reconnais simplement qu’elle est là.
Cycle 3 : est-ce que je connais déjà cette sensation ?
Sourcil : cette sensation m’est peut-être familière.
Coin de l’œil : peut-être que je l’ai déjà ressentie ailleurs.
Sous l’œil : je n’ai pas besoin de retrouver un souvenir précis.
Sous le nez : je peux juste voir si quelque chose me revient.
Sous la bouche : un moment où être remarqué n’a pas été agréable.
Clavicule : un moment où j’aurais préféré qu’on ne me voie pas.
Sous le bras : cela appartenait à une autre situation.
Sommet de la tête : aujourd’hui, je peux regarder ce qui est différent.
Cycle 4 : une habitude de protection
Sourcil : me faire discret m’a peut-être aidé autrefois.
Coin de l’œil : éviter les regards aussi.
Sous l’œil : retenir ma voix, ne pas trop me montrer.
Sous le nez : peut-être que j’ai pris cette habitude sans m’en rendre compte.
Sous la bouche : je peux comprendre pourquoi elle s’est installée.
Clavicule : mais je n’ai pas besoin de la suivre à chaque fois.
Sous le bras : je peux essayer de rester là, un peu plus.
Sommet de la tête : sans avoir à disparaître.
Cycle 5 : rester présent même sous le regard des autres
Sourcil : et si être vu n’était pas forcément dangereux.
Coin de l’œil : je peux être remarqué sans avoir à être parfait.
Sous l’œil : je peux être vu sans perdre ce que je suis.
Sous le nez : je n’ai pas besoin de convaincre de quoi que ce soit.
Sous la bouche : juste essayer de rester présent.
Clavicule : le regard des autres ne décide pas de ma valeur.
Sous le bras : cette tension peut être là sans m’arrêter complètement.
Sommet de la tête : je regarde simplement comment je me sens maintenant.
Revenir à la situation de départ
Repensez maintenant à la situation qui vous inquiétait au début de la séance.
Imaginez-la quelques secondes. Que se passe-t-il dans la gorge, le ventre, le visage, la poitrine ? Est-ce exactement la même sensation qu’avant ?
Si vous aviez donné une note à votre appréhension avant de commencer, évaluez-la à nouveau.
Il se peut que la tension ait nettement baissé. Mais le changement peut aussi être plus discret : la scène paraît moins impressionnante, la respiration est plus facile, une zone du corps s’est relâchée ou la peur semble simplement différente.
Si une phrase ou un cycle vous a particulièrement touché, reprenez-le. Il n’est pas nécessaire de refaire toute la séance à chaque fois.
Quand utiliser ce script ?
Vous pouvez tapoter avant une prise de parole en public, un entretien, une réunion, une rencontre ou avant de publier quelque chose qui vous expose davantage que d’habitude.
Quand c’est possible, faites des séances plusieurs fois avant l’événement plutôt qu’une fois au dernier moment, quand la panique est déjà là... Vous pourrez ainsi voir ce qui a changé sans ajouter la pression de l’urgence.
Ce script peut aussi être utilisé sans échéance particulière si vous remarquez que le fait d’être regardé, de prendre la parole ou de montrer votre travail provoque régulièrement la même réaction.
Une seule séance ne fera pas forcément disparaître cette peur. Il peut être plus intéressant de reprendre plusieurs fois les phrases qui correspondent vraiment à votre expérience que de répéter systématiquement les cinq cycles. Adaptez ce script à vos besoins particuliers.
Et bien sûr, le tapping ne remplace pas la préparation concrète. Pour une présentation, il faut toujours préparer ce qu’on va dire. Ici, on travaille seulement sur ce qui se passe quand vient le moment de le dire devant les autres.
Si la peur prend beaucoup de place
Ce script est surtout adapté à l’appréhension qui apparaît dans certaines situations où l’on se sent particulièrement exposé.
Si la peur du regard des autres est présente dans une grande partie de votre vie sociale, vous pousse souvent à éviter certaines situations ou finit par vous isoler, quelques rondes d’EFT risquent de ne pas suffire.
Dans ce cas, un accompagnement professionnel peut permettre de travailler plus largement sur cette difficulté. Le tapping peut rester un outil complémentaire.
