L'effet APEX : quand l'EFT agit sans qu'on s'en aperçoive
Après une séance d'EFT, il arrive qu'on cherche à retrouver ce qui pesait, et qu'on ne remette plus vraiment la main dessus. C'est ce qu'on appelle l'effet APEX...
Après une séance d'EFT, on peut se surprendre à ne plus retrouver une émotion qui semblait pesante peu avant. Le souvenir est là, les faits aussi, mais la charge émotionnelle s'est comme dissoute. On se rappelle avoir été préoccupé sans réussir à ressentir pourquoi.
C'est comme si cet état avait appartenu à quelqu'un d'autre...
L'effet APEX en EFT, ou le soulagement qui passe inaperçu
En EFT, ce glissement porte un nom : l'effet APEX. Il se manifeste de deux façons, souvent mêlées. Après avoir tapoté sur une émotion intense, on se sent plus léger.
Mais quelque chose de curieux se produit : soit on doute que l'émotion ressentie ait jamais été aussi forte, soit on cherche une autre explication à ce mieux-être. Le soulagement est pourtant bien réel, mais on minimise ce qui vient de se passer.
Attribuer le mieux-être à autre chose
Le mieux-être est réel, mais l'esprit cherche une cause qui lui paraît crédible. Le tapotement semble parfois trop simple, trop étrange ou trop modeste pour expliquer un soulagement aussi net.
Alors on se tourne vers des explications plus familières : une bonne nuit de sommeil, le fait d'en avoir parlé, une distraction, le temps qui a passé. C'est une manière très humaine d'essayer de donner du sens à ce qu'on ressent.
D'où vient ce drôle de nom ?
Le mot apex désigne en latin un sommet. Roger Callahan, le fondateur de la Thought Field Therapy dont l'EFT est issue, l'a choisi pour désigner ce moment où le changement semble échapper au raisonnement conscient.
L'esprit, ce « sommet » de la pensée qui cherche à tout expliquer, passe parfois à côté de ce qui a réellement agi. Il préfère construire une explication plausible plutôt que d'attribuer le changement à un geste qui lui paraît trop simple ou trop inhabituel. La communauté EFT a ensuite repris ce terme, car le phénomène se retrouve très souvent dans la pratique.
Deux formes, une même dynamique
Oublier l'intensité initiale et attribuer le mieux-être à autre chose ne relèvent pas exactement du même mécanisme.
Dans le premier cas, c'est la mémoire émotionnelle qui se modifie : le souvenir reste accessible, mais il a perdu son relief.
Dans le second, c'est l'interprétation qui change : on cherche une cause raisonnable à quelque chose qu'on ne sait pas vraiment expliquer.
Une même séance peut provoquer l'un, l'autre, ou les deux à la fois. Les reconnaître permet de ne pas conclure trop vite que « rien ne s'est passé ».
Quand le problème cesse d'être un problème
Il existe une autre manière de comprendre l'effet Apex. Si l'on ne retrouve plus le problème comme avant, c'est peut-être simplement qu'on ne le regarde plus depuis le même endroit.
Le tapotement a effectivement modifié quelque chose en nous. Depuis cette nouvelle position, la difficulté ne semble plus peser de la même façon.
On attribue souvent à Einstein, sans que la source exacte soit clairement établie, cette formule : « On ne peut pas résoudre un problème avec le même mode de pensée que celui qui l'a engendré. »
L'effet APEX va un peu dans ce sens. Quand le mode de perception qui entretenait la difficulté se desserre, la difficulté perd une partie de ce qui la maintenait debout.
Quand la charge émotionnelle s'efface
Nos souvenirs sont liés aux émotions qui les accompagnent. Ce sont elles qui leur donnent leur relief, leur intensité. Quand une séance d'EFT décharge une émotion, le souvenir ne disparaît pas, mais il devient plus neutre. On peut encore le raconter, mais on ne le revit plus de la même manière.
Cette neutralité est souvent ce que l'on cherchait. Et c'est elle qui, paradoxalement, brouille ensuite la mémoire de ce que l'on ressentait avant de tapoter.
Comment savoir si c'est vraiment l'EFT qui a agi ?
Reste une question légitime : comment savoir si le mieux-être vient réellement du tapotement, et non d'un simple hasard de journée ? Se fier uniquement à son impression après coup ne suffit pas, puisque cette impression se reconstruit à mesure que la charge émotionnelle s'efface. D'autres raisons peuvent aussi expliquer qu'une séance paraisse sans effet.
La façon la plus fiable de vérifier ce qui a changé est simple : garder une trace de l'avant.
Garder une trace de ses séances d'EFT pour déjouer l'effet APEX
La meilleure parade tient dans un carnet. Avant de commencer, on note ce qui nous occupe et l'intensité qu'on lui donne. Et on relit quelques jours après la séance pour se rendre compte objectivement de l'évolution.
Noter le SUD et le contexte avant de commencer
Deux éléments suffisent. D'abord noter la situation, formulée en quelques mots concrets : ce qui serre, ce qui inquiète, ce qui revient, et dans quel contexte. Ensuite l'intensité du ressenti sur une échelle de zéro à dix, ce qu'en EFT on appelle le SUD.
Cette note prise à chaud fixe le point de départ avant que la mémoire ne le retouche. Elle demande quelques secondes, mais elle devient très précieuse au moment de la relecture.
Réévaluer après une ronde EFT
Une fois une bonne séquence terminée, on réévalue l'intensité et on note à nouveau. Voir un huit devenir un deux dit quelque chose. Le tapotement laisse aussi des traces plus discrètes dans le corps : un soupir, un bâillement, une respiration qui s'ouvre, une tension qui se relâche. Les noter aide à reconnaître le chemin parcouru.
Tenues sur plusieurs séances, ces traces dessinent une progression plus fiable que le souvenir seul. Elles résistent à l'effet Apex parce qu'elles existent en dehors de nous, sur la page.
On peut alors revenir à cette inquiétude du début, celle qu'on ne retrouve plus vraiment. Si la situation a cessé de peser au point qu'on ne la reconnaît presque plus, c'est peut-être le meilleur signe qui soit : quelque chose s'est déposé pour de bon !